Avoir du mal aux mots


Aujourd’hui je veux partager avec vous ma propre histoire d’écriture.

Vous savez sûrement que je suis italienne (autrement vous pouvez tout simplement entendre l’accent juste ).

Comment se fait-il qu’une étrangère arrive non seulement à maîtriser une langue qui n’est pas la sienne, mais également à traduire au niveau professionnel, à ouvrir un blog où elle donne ses conseils à des français et même à fournir des services de relecture/réécriture ?

Il y a plusieurs choses :

  1. la passion d’écrire
  2. la formation

mais surtout, surtout…

3. une histoire d’humiliation.

1. la passion d’écrire on l’a ou on ne l’a pas !

En toute franchise je ne pense pas que cela soit un ingrédient indispensable pour bien écrire : vous le savez, pour être efficaces dans l’écriture les mots ne sont pas tout !

Les devoirs de rédaction à l’école m’ont aidée, certes ; écrire 2 thèses en psychophysiologie cognitive m’a aidé, mais ce qui m’a aidé à cultiver la passion a toujours été le contenu : avoir du contenu à écrire facilite la tâche !

2. la formation a été pour moi vraiment précieuse.

Je me forme et m’informe régulièrement. Ainsi j’ai pu suivre notamment 2 formations qui m’ont marquée : une formation avec une journaliste du Monde et une autre avec un webwriter italien.

3. une histoire d’humiliation, (oui, j’aurais dû commencer par là !)

Pendant mon doctorat à l’unité XXX* de l’INSERM à Lyon, chaque semaine nous faisions une réunion où, chacun son tour, nous présentions nos travaux de recherche et leur avancement.

Pour ma première présentation, j’avais jugé opportun de remettre aux collègues un résumé de mon intervention, pour qu’ils puissent mieux suivre.

Consciente que mon français écrit avait certaines lacunes, j’ai demandé à mon directeur de thèse de corriger mon document.

Voilà ce qu’il me répondit :

« C’est parfait, ne change rien, avec un résumé comme ça on va bien rigoler toute la matinée ! »

Je peux vous assurer que cette phrase a été mon moteur.

La promesse et l’engagement envers moi-même de ne plus jamais entendre ça ont été tellement forts que :

a)  j’ai décidé de lire uniquement en français (je lis au moins 2 livres par mois)

b) pendant 5 ans j’ai beaucoup écrit, corrigé, retravaillé.

Et si je vous dis que j’ai écrit un roman et que quelques années plus tard j’ai détruit les fichiers, car il s’agissait d’un roman autobiographique et que pour moi l’objectif était atteint ? Eh ben, oui !

c) j’ai appris à me servir d’un dictionnaire des analogies (très utile quand on est dans le rédactionnel, moins quand on est dans la rédaction technique)

d) j’ai appris à écrire pour qu’on me lise, pas pour qu’on en rigole

Maintenant, cela fait plus de 10 ans que je traduis, que je rédige des mails commerciaux, des propositions financières, des propositions pédagogiques, des supports de  cours.

Si vous rencontrez des difficultés à « bien » écrire et à « écrire pour être lus »,

si on vous corrige tout le temps et qu’on vous met l’étiquette « ne sait pas écrire »,

si les gens ont tout simplement arrêté de vous lire à cause de vos erreurs,

faites-vous la promesse « plus jamais » et changez les choses !

* vous comprendrez aisément que je ne peux pas donner trop de détails.

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2 Responses to Avoir du mal aux mots

  1. Annie says:

    J’aime bien quand tu as mal aux mots, c’est joliment conté.
    Je relève ta promesse, comme un défi « plus jamais » !
    Merci.

  2. Merci Annie !

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